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03 juillet 2008

Himeji : Kôko-en

Himeji - Le jardin Kôko-en

Jardin Kôko-en - 姫路好古園

Horaires
: de 09h00 à 17h00, fermé du 29 au 31 décembre
Tarifs : adultes - 300 yens, enfants - 150 yens
Accès : en venant de la gare de Himeji, longer l'enceinte du château par la gauche lorsqu'on se retrouve face à la porte principale de ce dernier, Kôko-en se trouve un peu plus loin dans le prolongement
Web : page internet (japonais- anglais)


Situé sous l'aile droite du "Héron blanc" qui lui fait malheureusement trop souvent de l'ombre, le jardin Kôko-en mérite tout de même de figurer dans un itinéraire passant par Himeji. Certes, comparé à son voisin, c'est un jeunot moderne, mais il n'en reste pas moins très agréable et constitue une excellente pause pour se revigorer après avoir arpenté les couloirs du château...

Himeji - Le jardin Kôko-en Himeji - Le jardin Kôko-en Himeji - Le jardin Kôko-en Himeji - Le jardin Kôko-en

Je ne vous cacherai cependant pas que j'ai bien hésité avant d'y entrer. La fatigue et la faim - surtout la faim d'ailleurs - se faisaient sentir et je n'avais qu'une envie, c'était de me poser quelque part, les guibolles au repos et les baguettes au travail. C'est au beau milieu de ces considérations hautement philosophiques que le jardin remporta la mise de mon dilemme cornélien en sortant, sans retenue aucune, deux atouts de poids : très peu de visiteurs à l'horizon et un restaurant donnant sur le premier des neuf jardins qui constituent l'ensemble appelé Kôko-en.

Himeji - Le jardin Kôko-enHimeji - Le jardin Kôko-enHimeji - Le jardin Kôko-en

Ne faisant ni une, ni deux, me voilà donc parti dans une petite visite qui commença par une dégustation de congre grillé - la spécialité d'Himeji - dont je ne ferai d'ailleurs pas de fiche gourmet car je n'en garde que très peu de souvenirs, si ce n'est que le service m'a déçu. Que voulez-vous, on prend de mauvaises habitudes à habiter trop longtemps au Japon... Mais revenons-en à nos jardins qui sont donc au nombre de neuf, tous dans des styles différents, ce qui fait de manière assez évidente toute la force de Kôko-en : avec un choix pareil, on a peu de chances d'être totalement déçu et la variété des agencements évite tout monotonie, notamment - surtout ? - celle due à la fatigue, cette fameuse lassitude qui vous ferait critiquer le plus charmant des endroits pour peu que vous en ayez vu une bonne dizaine de semblables auparavant.

Himeji - Le jardin Kôko-enHimeji - Le jardin Kôko-en - Le fameux congre grillé qui n'a pas su suffisamment marquer ma mémoire pour avoir droit à son propre article !Himeji - Le jardin Kôko-en - Oui, je sais, cette photo est beaucoup trop penchée et pourtant je m'y suis repris à plusieurs fois : je voulais absolument immortaliser cet agencement de rochers aux allures de falaise, mais n'ai décidément pas pu trouver le moyen d'en faire un bon cliché...

Coup de cœur ? Non, je n'irai pas jusque là, mais placé juste après une visite matinale de Himeji-jô, Kôko-en représente très certainement la meilleure étape qui soit pour profiter de sa pause déjeuner. ;-)

Voir aussi :


Date des clichés : 2008/03/28 - Apn : Canon EOS 40D


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21 juin 2008

Himeji : Himeji-jô

Le château de Himeji

Château de Himeji - 姫路城

Horaires
: de 09h à 16h (de 09h à 17h de juin à août) - fermé du 29 au 31 décembre
Tarifs : adultes - 600 yen ; enfants (3 à 14 ans) - 200 yen
Accès : environ 15 mn à pied depuis la gare de Himeji
Web : page internet (japonais- anglais), Wikipédia (japonais- français), vidéo sur le site de l'Unesco (anglais)


Moi qui voyage le plus souvent en seishun 18 kippu, j'ai pour une fois dérogé à mes habitudes et pris le shinkansen pour aller découvrir Himeji et son château classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco. Avec un ciel moucheté de beaux nuages à l'opacité cotonneuse, le temps qui m'accueillit n'était pas forcément idéal, mais les eclaircies furent suffisamment nombreuses pour ne pas que j'en vienne à regretter le déplacement...

Le château de Himeji Le château de Himeji Le château de Himeji Le château de Himeji

Souvent qualifié de plus beau château du Japon, les superlatifs ne manquent généralement pas lorsque l'on parle de la bâtisse féodale qui préside sur cette petite ville située entre Osaka et Kobe. Mais me méfiant toujours un peu des endroits trop encensés, c'est avec tout de même une petite pointe d'appréhension que j'ai commencé à remonter l'avenue principale de la ville qui file en ligne droite depuis la gare vers le dit château (non sans faire une pause petit-déjeuner dans le Vie de France local).

Le château de HimejiLe château de HimejiLe château de Himeji

Mes craintes ont été cependant balayées bien avant que je ne pénètre dans le fief aux proportions tellement démesurées que l'on a d'abord du mal à en saisir l'importance : le château s'impose très vite dans le panorama urbain et le premier mot qui vient à l'esprit à mesure que l'on s'en approche ne peut être que "impressionnant".

Le château de HimejiLe château de HimejiLe château de Himeji

Laissant de côté dans un premier temps l'entrée principale, j'ai commencé à contourner l'enceinte extérieure par la droite afin de mieux repérer la disposition du château. Éviter les endroits principaux et commencer par les alentours en me promenant au hasard des chemins est un de mes petits plaisirs de voyage depuis pas mal de temps déjà. Je trouve que cela permet de se faire une idée plus juste des lieux où l'on se trouve, tout en perpétuant un rite d'ores et déjà consacré lors de mes repas : garder le meilleur pour la fin.

Le château de Himeji Le château de Himeji Le château de Himeji Le château de Himeji Le château de Himeji

Ce sont malheureusement des cerisiers encore décharnés qui s'occupèrent de mon accueil, très certainement - je l'ai compris par la suite - pour que je m'extasie encore plus devant la belle toison dont s'était parée la haie d'honneur qui m'attendait à l'intérieur de l'enceinte.

Le château de HimejiLe château de HimejiLe château de Himeji

Outre une fatigue moindre, le trajet en shinkansen eut l'énorme avantage de me faire arriver tôt, m'épargnant une partie du flot de touristes qui se déverse en continu dans les lieux. L'heure matinale me permit ainsi de profiter au calme de la bâtisse médiévale, arpentant ses allées soigneusement entretenues, les longs corridors boisés de son annexe principale et les petits chemins parfois labyrinthiques de ses contreforts serpentant autour de la tour principale.

Le château de Himeji Le château de Himeji Le château de Himeji Le château de Himeji

Ce qui me marqua le plus et qui restera, je pense, mon impression finale, c'est l'extrême violence que cache toute cette beauté. Ou plutôt, c'est la finesse extrême grâce à laquelle une forteresse prévue dans ses moindres recoins pour tenir un long siège et repousser le plus tenace des assaillants peut se permettre de dégager une telle magnificence.

Le château de HimejiLe château de HimejiLe château de Himeji

Le "héron blanc" porte bien son nom : splendide et fatal, il étend ses longues ailes comme pour protéger Himeji et sait rester droit et fier en toutes circonstances, justifiant grandement sa légende d'oiseau immortel.


Je suis venu, j'ai vu et j'ai désormais compris pourquoi Himeji-jô fait partie de nombreux itinéraires lors d'un premier voyage du Japon : un gros coup de cœur à découvrir lorsqu'il y a le moins de monde possible pour pouvoir profiter pleinement et à son rythme de ce qui est très certainement l'une des plus belles constructions qu'il m'ait été donné de voir lors de mes périples nippons. Et voilà ! On dirait bien que moi aussi j'y suis allé de mon superlatif. ;)

Le château de HimejiLe château de HimejiLe château de Himeji


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Date des clichés : 2008/03/28 - Apn : Canon EOS 40D


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03 mai 2008

Yabusame à Kamakura

Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura

Yabusame - 鶴岡八幡宮流鏑馬

Horaires
: a lieu lors du festival de Kamakura entre les deuxième et troisième dimanches d'avril (il me semble qu'il y a une autre session vers septembre)
Tarifs : accès libre
Accès : prendre la sortie est de la gare de Kamakura, traverser la place jusqu'à une grande rue, prendre à gauche et remonter jusqu'au temple Tsurugaoka Hachimangû
Web : page internet (japonais- anglais), Wikipedia (japonais- français)


Le temps était maussade lorsque nous arrivâmes dans la petite gare de Kamakura déjà bien remplie de monde. Le programme de la journée était simple : aller tester un riz au curry réputé fameux et trouver un petit coin duquel on pourrait observer la démonstration annuelle de yabusame, une technique de tir à l'arc à cheval...

Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura - L'équipement des archers est impressionnant, mais impossible de trouver une explication quant à la présence d'une tête de démon (oni en japonais) sur leur casque Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura

C'était la deuxième fois qu'il m'était donné d'observer cette noble discipline qui se perpétue depuis des centaines d'années dans les clans de la région de Kamakura. A tradition ancestrale, signes strictement codifiés. Chaque archer arbore les armoiries de son clan1 à l'épaule, fine broderie dorée sur un feutre noir de jais qui se prolonge en une manche sur tout le bras gauche. Une libellule ‐ dorée elle aussi ‐ qui a élu domicile au niveau du poignet rappelle à leur hôte que, tout comme l'insecte, ils n'ont de choix que d'aller de l'avant sans jamais se retourner.

Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura - A l'origine, le yabusame était semble-t-il une forme d'entraînement physique et mental pour les samuraiDémonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à KamakuraDémonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura - Le yabusame se pratique sur un couloir d'environ 220 mètres sur lequel sont réparties trois cibles

Et de l'avant, ils y vont. Les rênes sont lâchées sur les cous massifs aux veines apparentes des montures hors d'haleine qui passent de l'arrêt au galop en un coup de sabot. Tout est d'une rapidité fulgurante et pourtant on a l'impression que le temps est comme au ralenti quand on regarde les mouvements posés et sereins qui permettront de décocher trois flèches d'une redoutable précision.

Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura

Comme je l'ai déjà précisé, le soleil n'était vraiment pas de la partie et nous pénétrâmes relativement tard dans l'enceinte de Hachimangû. La plupart des spectateurs semblaient installés là depuis longtemps et, contrairement aux années précédentes, c'était désormais impossible de se faufiler dans les bois pour dénicher une place aux premières loges. Nous trouvâmes finalement un petit coin de libre près d'un des passages permettant de traverser le lambeau de terre où se déroule l'épreuve.

Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura - La fameuse libellule brodéeDémonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à KamakuraDémonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura

L'endroit s'avéra finalement assez bien placé, car, il faut le savoir, beaucoup de personnes s'en vont après à peine deux ou trois passages de nos fiers cavaliers. On finit donc par se retrouver petit à petit au premier rang et je me permis même le luxe de changer complètement d'endroit pour aller glaner quelques clichés au point de départ. Bien m'en prit car je trouvai tout de suite une ouverture dans le mur de spectateurs, me retrouvant ainsi à quelques mètres à peine des chevaux.

Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à KamakuraDémonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à KamakuraDémonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura

Je ne sais pas si ce coin est toujours autant délaissé, mais je ne saurais trop vous le recommander. Certes, en se tenant là, on ne se trouve pas en face d'une cible, mais la première est suffisamment proche pour qu'on puisse l'observer sans problème, les plus grands d'entre vous ayant même la possibilité de voir la deuxième - à condition d'avoir de bons yeux bien entendu. Mais ce qui vaut le plus le coup, c'est sans conteste le départ des chevaux au galop.

Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura - Ce cheval était particulièrement nerveux. Au moment du cliché, le cavalier le maîtrisait avant le départ.

Certains de ces destriers sont d'une ardeur telle qu'ils se doivent d'être réfrénés par leur cavalier jusqu'au signal de départ. Lorsqu'ils s'élancent enfin, on croit l'espace d'un instant qu'ils partent en embardée, mais quelques coups de sabots au sol et les voilà au galop en un éclair. Vraiment impressionnant, surtout que les archers restent d'un calme à la limite du réaliste, plongés dans une concentration qui ne peut qu'inspirer le respect. Kamakura ne cessera décidément jamais de me surprendre...

Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à KamakuraDémonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura - Qui a dit que l'esprit du bushidô était perdu ?Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura - Le bout des flêches est généralement arrondi avec une partie plate pour faire le maximum de bruit au moment de l'impact

1 : N'ayant pas toujours était très attentif aux explications données, je n'ai malheureusement pas pu vérifier cette information. Il n'en est pas non plus fait mention sur les différents sites internet traitant du sujet : ne me prenez donc pas au mot sur ce détail. Confirmé par Yochan (voir commentaires).

Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura - Une fois l'épreuve terminée a lieu une cérémonie dans la cour principale du temple Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura Démonstration de yabusame dans l'enceinte du temple Tsurugaoka Hachimangû à Kamakura


Date des clichés : 2008/04/20 - Apn : Canon EOS 40D


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18 avril 2008

Nakasendô : Tsumago

Le relais de Tsumago sur la Nakasendô

Relais de Tsumago - 妻籠宿

Horaires
: accès libre
Tarifs : accès libre
Accès : depuis la gare de Nagiso, prendre le bus pour Tsumago (270 yen - 7 mn). On peut également faire le trajet à pied (une bonne demi-heure si je me souviens bien)
Web : page internet (japonais- anglais), Wikipédia (japonais), Brochure JNTO


Avec un temps qui change radicalement du jour au lendemain, difficile de savoir comment s'habiller ces jours-ci. Giboulées de mars un peu tardives – si tant est que cela existe ici – ou saison des pluies qui s'exerce avant le début officiel des hostilités, je n'en sais rien. Toujours est-il qu'avec un froid comparable, je préfère tout de même les jours d'hiver bien secs, au soleil bas mais radieux, comme lors de mon arrivée à Tsumago...

Le relais de Tsumago sur la Nakasendô Le relais de Tsumago sur la Nakasendô Le relais de Tsumago sur la Nakasendô

La marche le long de la Nakasendô enneigée était loin de m'avoir épuisé. Bien au contraire, le retour à la civilisation avait quelque chose de revigorant et je me demandais avec une pointe d'excitation comment allait être ce hameau de Tsumago dont tout le monde parle temps. J'avais quitté les chemins de montagne verglacés et ma progression en était d'autant plus facilitée que la route était désormais plantée de pancartes à intervalles réguliers.

Le relais de Tsumago sur la Nakasendô Le relais de Tsumago sur la Nakasendô Le relais de Tsumago sur la Nakasendô Le relais de Tsumago sur la Nakasendô

Je fus accueilli à l'entrée du village par une écurie où un canasson de paille se dressait déjà harnaché, visiblement prêt pour une longue chevauchée. Sa demeure marquait le début de la rue principale du village. La différence avec Magome me frappa tout de suite : si j'ai auparavant qualifié ce dernier de musée vivant, Tsumago avait tout d'une exposition en plein air de natures mortes. Beaucoup d'édifices sont inoccupés, gisant simplement là, ouverts en partie au public quand cela est possible et côtoyant les rares endroits encore exploités. Quelque chose me dit que le site a des airs de village fantôme une fois l'activité diurne estompée.

Le relais de Tsumago sur la NakasendôLe relais de Tsumago sur la NakasendôLe relais de Tsumago sur la Nakasendô

Déçu ? Je ne le fus pas vraiment : les lieux sont d'une extraordinaire authenticité et on a du mal à imaginer que tous ces édifices de bois aient pu traverser les décennies sans qu'une des nombreuses catastrophes naturelles de la panoplie nippone ne se décide à les ravager. Je n'en trouve cependant pas moins que Magome a plus de charme, avec ses habitants affairés à leurs tâches quotidiennes et sa belle route pavée qui dégringole sa colline.

Le relais de Tsumago sur la Nakasendô Le relais de Tsumago sur la Nakasendô Le relais de Tsumago sur la Nakasendô Le relais de Tsumago sur la Nakasendô

Mais n'est-ce pas finalement une bonne chose ? Tant de différences entre ces patelins ne peuvent qu'engager le voyageur à se rendre dans les deux, constituant une belle journée de randonnée dans un Japon malheureusement révolu.

Le relais de Tsumago sur la NakasendôLe relais de Tsumago sur la NakasendôLe relais de Tsumago sur la Nakasendô

En dernière note, pour ceux qui se posent la question et pour aider ma mémoire trop souvent indulgente avec une forte tendance à l'embellissement des choses, sachez qu'il est tout a fait possible de marcher depuis Tsumago jusqu'à la gare de Nagiso. La balade est sympathique, pas trop longue, mais ne doit pas être considérée comme un indispensable si l'on est limité en temps. Je signalerai enfin la présence d'un troisième relais, celui de Narai, jusqu'auquel je n'ai pas eu le temps d'aller.


Date des clichés : 2008/01/05 - Apn : Canon EOS 40D


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01 avril 2008

Nakasendo : de Magome à Tsumago

La route Nakasendô entre Magome et Tsumago

Nakasendô - 馬籠から妻籠へ

Horaires
: accès libre mais à éviter en hiver sans être un minimum équipé et/ou en cas de mauvais temps
Tarifs : accès libre
Accès : remonter la rue principale de Magome jusqu'à arriver à une nationale avec un arrêt de bus sur la gauche, traverser tout droit et suivre les panneaux
Web : page internet (japonais - anglais), Wikipédia (japonais), Brochure JNTO


Après avoir grignoté un en-cas à la pâte de haricots rouges, je quittai la rue pavée de Magome pour emprunter le chemin de montagne qui me conduirait à Tsumago. Dès les premiers mètres, la progression fut difficile, m'incitant fortement à rebrousser chemin...

La route Nakasendô entre Magome et Tsumago - Le début du chemin se trouve juste derrière une petite propriété privée : n'hésitez pas à saluer les habitants quand vous passez. ;) La route Nakasendô entre Magome et Tsumago La route Nakasendô entre Magome et Tsumago La route Nakasendô entre Magome et Tsumago

Le début du passage, un escalier de fortune façonné grossièrement à même le sol, s'était transformé en toboggan de glace, m'obligeant à assurer chacun de mes pas si je ne voulais pas finir mon périple plus tôt que prévu. A ce rythme là, je n'étais pas prêt de rallier Tsumago et ce n'est qu'après un moment de réflexion que je me décidai à poursuivre dans mon entêtement. Sur le premier kilomètre du parcours enneigée, je ne quittai la civilisation que par à-coups, mon chemin s'emmêlant tel une tresse à la nationale locale. Un abri aux abords d'une rivière, une petite bourgade agricole au sanctuaire charmant mais encore privée de toute activité humaine et un marcheur soigneusement équipé furent mes seules rencontres avant d'arriver au col de Magome.

La route Nakasendô entre Magome et Tsumago - Entrée du petit sanctuaire de Kumano : l'escalier abrupte juste avant n'en facilitait vraiment pas l'accès La route Nakasendô entre Magome et Tsumago - Le même petit sanctuaire de Kumano La route Nakasendô entre Magome et Tsumago - Le col de Magome La route Nakasendô entre Magome et Tsumago

Mais là encore, personne, à croire que l'hiver avait fait fuir les hommes en même temps que les feuilles des arbres. Le chemin, qui était jusqu'alors en montée, retrouva une pente plus ou moins douce et pris un malin plaisir à se fondre complètement dans son environnement. Un décor immaculé, certes, mais qui m'enlevait tout repère pour m'orienter, ce ne fut les traces de pas, salutaires, de personnes passées avant moi.

La route Nakasendô entre Magome et Tsumago - Maison de thé pour le repos des voyageurs et ses environs La route Nakasendô entre Magome et Tsumago - Maison de thé pour le repos des voyageurs et ses environs La route Nakasendô entre Magome et Tsumago - Maison de thé pour le repos des voyageurs et ses environs

Mais qu'importe, toutes hésitations à continuer m'avaient désormais quitté et je ne pensais alors qu'à m'enfoncer plus avant dans la forêt. L'air clair et limpide, la sérénité des lieux et cette impression d'être seul au monde avait quelque chose de grisant. Je poursuivis ainsi mon enivrant périple sans rencontrer personne, profitant de vieilles structures de bois abritant autrefois les voyageurs repus en quête d'un refuge.

La route Nakasendô entre Magome et Tsumago - Maison de thé pour le repos des voyageurs et ses environs La route Nakasendô entre Magome et Tsumago - Maison de thé pour le repos des voyageurs et ses environs La route Nakasendô entre Magome et Tsumago - Maison de thé pour le repos des voyageurs et ses environs La route Nakasendô entre Magome et Tsumago - Juste à côté de la maison de thé, un petit temple abritant une Kannon et des représentations phalliques

Un petit détour, une descente périlleuse sur une corniche aux pierres verglacées servant d'escalier et me voilà au pied d'une, non, de deux chutes d'eau qui chantent de leur courant une ode à l'hiver ambiant. Je ne me perdis finalement pas, mais me trompai tout de même à un embranchement, quittant l'isolement chaleureux de la montagne pour le froid asphalte de la nationale qui hantait les environs.

La route Nakasendô entre Magome et Tsumago La route Nakasendô entre Magome et Tsumago - La plus petite des deux cascades : Metaki, la chute d'eau femelle La route Nakasendô entre Magome et Tsumago - La plus grande des deux cascades : Otaki, la chute d'eau mâle La route Nakasendô entre Magome et Tsumago - La plus grande des deux cascades : Otaki, la chute d'eau mâle

Une petite frayeur lorsque ma jambe disparut jusqu'à mi-hauteur dans un fossé recouvert par la neige me fit brutalement sortir de mes rêveries, mais Tsumago n'était plus bien loin et j'évoluai à présent dans le décor d'un petit hameau. Une dernière colline à franchir et voilà, Tsumago était en vue...

La route Nakasendô entre Magome et Tsumago La route Nakasendô entre Magome et Tsumago - Une petite bourgade avant Tsumago La route Nakasendô entre Magome et Tsumago - AP3 La route Nakasendô entre Magome et Tsumago La route Nakasendô entre Magome et Tsumago - La vallée où se trouve Tsumago


Date des clichés : 2008/01/05 - Apn : Canon EOS 40D


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15 mars 2008

Nakasendo : Magome

Le relais de Magome sur la route Nakasendô

Relais de Magome - 馬籠宿

Horaires
: accès libre
Tarifs : accès libre
Accès : depuis la gare de Nakatsugawa, prendre le bus pour Magome (540 yen - 30 mn)
Web : page internet (japonais - anglais), Wikipédia (japonais), Brochure JNTO


A l'époque où les trains ne sillonnaient pas encore l'archipel, le seul moyen de relier Edo à Kyoto était en empruntant la route suivant la côte pacifique - la célèbre Tôkaidô - ou celle passant par l'intérieur du pays - la Nakasendô. Si certaines grandes villes étapes de ces anciens chemins ponctuent encore le trajet actuel du shinkansen ou de la ligne chûô, beaucoup de points relais ont au contraire été complètement mis à l'écart, subissant de terribles conséquences économiques qui auraient pu signer la ruine de bien d'entre eux. Mais de nos jours le tourisme fait - parfois - des merveilles et certains villages ont réussi à perdurer, retrouvant même une nouvelle jeunesse. C'est dans un de ses irréductibles fiefs nippons résistant toujours et encore à l'envahisseur moderne que je vous propose de flâner quelques instants...

Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô

Sans être déplaisant, le trajet jusqu'à Magome n'en fut pas pour autant des plus agréables. Avec un départ sur le coup des six heures du matin, le wagon dans lequel je m'engouffrai en espérant trouver un peu de chaleur s'avéra tout aussi glacial que l'air du dehors. Il ne commença d'ailleurs à devenir supportable - entendez par la favorable à une petite allonge de ma nuit de sommeil - que seulement lorsque nous arrivâmes en gare de Nakatsugawa, le point de correspondance pour le bus conduisant à Magome. Il me restait une demi-heure avant l'arrivée de mon transport, et je suivis donc le conseil de l'agent de police qui m'avait confirmé les horaires du bus, en rejoignant une bonne partie de mes compagnons de train qui patientaient dans la salle d'attente de la gare.

Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô

A ma grande surprise, je fus le seul de notre petit groupe à prendre le bus. Je le restai d'ailleurs une bonne partie du trajet, rejoint en cours de route par quatre petites grand-mères qui ne manquèrent pas de me saluer d'un large sourire, tout en prenant soin de s'asseoir du côté opposé où je me trouvais. Quelques courbettes d'au-revoir plus tard et me voilà à nouveau seul avec mon impassible chauffeur. Les minutes passèrent et notre bus finit par quitter la cuvette de la petite ville pour s'élever vers les hauteurs, troquant le paysage urbain pour de denses forêts de cryptomères si communs dans les Alpes japonaises. 8H30, on arriva enfin sur le parking, désert, qui jonche le plateau au pied de Magome.

Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô

Magome, c'est comme un petit torrent qui dévale en une jolie courbe le flanc de sa montagne, l'éclaboussant dans sa course de coquettes maisonnettes de bois dont on ne saurait dire si elles sont vieilles tellement qu'elles respirent la vie. Échoppes d'artisan, ryokan, magasins de souvenirs, même la plus petite des maisons est encore animée - et de temps en temps restaurée - d'une grande chaleur humaine, chaque habitant étant finalement l'un des nombreux conservateurs de ce musée grandeur nature.

Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô

En raison de l'heure matinale, peu de commerces étaient ouverts lors de mon arrivée. Pas l'ombre d'un touriste non plus - ce qui fut loin de me déplaire - me laissant tout le loisir de profiter du village sans son côté commercial. Afin de préserver son authenticité, Magome a fait enterrer tous câbles électriques qui auraient pu balafrer ses devantures ou couronner de honte ses toits grisonnants. Cet effort de cacher tout signe probant de modernisation lui donne un cachet que l'on a du mal à retrouver au Japon. C'est dans cet écrin de passé que je me promenai, profitant des premiers rayons de soleil, réveil matin d'une précision d'orfèvre pour la petite bourgade encore endormie.

Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô

Le soleil s'étant définitivement installé dans un ciel d'hiver désormais vierge de tout nuage, je me dirigeai vers l'office du tourisme local, espérant y trouver quelqu'un pouvant me renseigner quant à la praticabilité du chemin de montagne entre Magome et Tsumago. Les deux femmes d'âge mûr, promptes à la causette, que je rencontrai, en arrivèrent au même constat : en cette saison, cette portion du Nakasendô est fortement enneigée et nécessite de bonnes bottes. "Des bottes?" demandai-je. On me répliqua qu'avec l'épaisseur de neige qu'il devait y avoir, j'aurais les pieds trempés avec mes simples chaussures basses. Elles me demandèrent mon âge aussi, compatissant, au vu de ma réponse, à ma déception de ne pouvoir tenter l'"aventure".

Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô Le relais de Magome sur la route Nakasendô

Aventure, le mot fut lâché, finissant de me convaincre qu'un simple pantalon mouillé ne suffirait pas à m'arrêter dans mes projets, d'autant plus que le prochain bus pour Tsumago était presque deux heures plus tard. Je remerciai mes conseillères et me dirigeai plein d'entrain vers ma prochaine étape Into the Wild...


Date des clichés : 2008/01/05 - Apn : Canon EOS 40D


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